13/09/2018

Pierre Maudet a perdu la tête. Faut-il la lui couper?

Avec son stratagème du mensonge sans limite, Pierre Maudet s'est rendu hyper corruptible. Si l'affaire en était restée-là, il se serait trouvé à la merci du chantage potentiel de trois hommes puissants à Genève et dans le Golfe.  Que l'on ne me parle plus du sens de l'Etat de Pierre Maudet! Aujourd'hui, il doit, soit se dessaisir de toutes ses fonctions en attendant que la justice tranche, soit démissionner. Et vite. La deuxième option est nettement préférable. Le brillant président du conseil d'Etat s'est en effet transformé en un danger pour les institutions. Mais avant cela, qu'il se mette enfin à table.

La Weltwoche m'a donné carte blanche pour cet "essai" paru ce jour dans le magazine alémanique. 


Pierre Maudet m’a trompé. Comme il a trompé 500.000 Genevois et probablement au moins autant de Suisses qui, l’an dernier, ont crû en ce brillant candidat à l’élection au Conseil fédéral. Le sentiment d’être grugé est évidemment d’autant plus fort que personne, même parmi ses ennemis les plus acharnés, ne s’attendait à un comportement aussi indigne de sa part. On le savait cynique et retors. Je l’ai qualifié de “machiavélique” dans un éditorial de la “Tribune de Genève” avant que n’éclate cette “Affaire Maudet” qui secoue Genève et la Suisse.

Mais le cynisme ou le machiavélisme s’invitent souvent dans la bataille pour le pouvoir. Naïf celui qui s’en étonne. D’ici pourtant à imaginer que Pierre Maudet mentirait, les yeux dans les yeux, à ses collègues du Conseil d’Etat, aux députés, aux membres d’une commission parlementaire, aux médias bien sûr, et au peuple qui l’a élu? Non, cela on ne l’imaginait pas de la part d’un homme à l’étoffe présidentielle, possédant un sens de l’Etat au-dessus de tout soupçon, pensait-on du moins, ainsi qu’une authentique vision politique. Surtout qu’il ne s’agissait pas de l’une de ces petites tromperies de circonstances dont les politiciens sont coutumiers. Non, son mensonge pose la question de la corruption.  Pierre Maudet a perdu la tête. Faut-il la lui couper? Telle est la question.

maudet site.JPG

Comment cet homme d’exception en est-il arrivé là. Ultrapopulaire, brillant, possédant un sens précoce de l'état, il est réélu au Conseil d'État en mai dernier avec une avance stratosphérique. Il est l'enfant prodige de Genève, deuxième ville de Suisse au rayonnement international.  

Sa chute n’en est que plus spectaculaire. Depuis le 10 mai dernier, date où la “Tribune de Genève” a révélé les dessous de son voyage familial à Abu Dhabi, Pierre Maudet a vécu une descente aux enfers. Prise au piège, la bête politique se débat en vain. Tous ces mois et semaines, il n’a fait que s’enfoncer davantage, modifiant les versions et circonstances de cette désormais fameuse et très luxueuse escapade aux Emirats Arabes Unis du 26 au 30 novembre 2015.

En apparence pourtant, il n’a rien perdu de son assurance. Il ment avec un aplomb inouï et poursuit son travail de sape auprès des médias les plus curieux. Sans effet. L’enquête menée par la journaliste de la “Tribune de Genève” Sophie Roselli, ainsi que par un confrère de “Radio Lac”, Raphaël Leroy, s’enrichit de faits de plus en plus troublants. Maudet ment. C’est devenu une certitude.

Mais le coup de grâce lui est donné directement par le Ministère public du canton de Genève. Dans un communiqué dévastateur du 30 août dernier, il cloue le président genevois au mur en révélant deux éléments: 1. Pierre Maudet était l’invité direct et officiel du prince héritier Mohammed bin Zayed (MBZ). Ainsi tombe l’argument du “voyage privé” sur lequel était fondé toute sa stratégie de défense. 2. Le magistrat PLR n’a pas seulement menti, il a élaboré un stratagème pour faire croire que l’invitant était un certain Saïd Bustany, un Libanais, patron des opérations portuaires émiraties. Une version inventée de toutes pièces. Bustany n’a en effet joué aucun rôle dans le financement du voyage.

Dès lors, Pierre Maudet n’a plus d’autre choix que d’aller à Canossa. Il est mercredi 5 septembre. Après que le Conseil d’Etat lui a retiré une partie de ses compétences, il se rend sur le plateau de la télévision locale Léman Bleu pour présenter ses excuses aux Genevois. Il leur demande pardon, cherchant la caméra des yeux. Exercice “vérité” bien connu aux Etats-Unis, unique en Suisse. Il veut rétablir le lien de confiance. Des excuses publiques qui “lui en coûtent”, dira-t-il. Exercice raté, pourtant. Est-ce dû à un ultime sursaut de vanité? En tous cas, il se refuse à concéder qu’il a menti: “J’ai dissimulé une partie de la vérité”, lâche-t-il simplement. Il se trompe de registre. On ne lui demandait pas un exercice de contorsionniste. Il devait oser tout dire, oser l’humilité. Son propos reste confus et il ne répond pas à la moitié des questions posées par son intervieweur. Une fois encore, il use de l’argument familial - sa femme et ses enfants - comme bouclier. C’est pour les protéger qu’il aurait finassé, se laissant entraîner dans une “spirale négative”, selon ses termes. Si soucieux de préserver sa famille, comment comprendre qui l’ait exposée en première ligne, cédant à une telle invitation et à un mélange des genres sidérant?

Pierre Maudet, votre prestation télévisée fut en décalage total avec la gravité des événements. Que pouvait-on d’ailleurs en attendre? A chaque fois que vous avez lâché un peu de lest ces dernières semaines, c’était sous la pression de révélations factuelles. Votre seul objectif a été de vous protéger vous, jamais de clarifier les choses. Exemple: lorsqu’il ne suffisait plus d’affirmer que c’est “l’ami d’un ami” qui avait payé le voyage, vous avez conféré le rôle de généreux donateur à l’entrepreneur libanais Saïd Bustany. Admettons une seconde que ces explications aient suffi à convaincre médias et justice de votre bonne foi et de lâcher prise, que ce serait-il produit? Vous auriez été à la merci du prince héritier des Emirats Arabes Unis, de Saïd Bustany ou encore de l’entrepreneur genevois Antoine Daher pendant le restant de votre carrière d’élu. Vous leur auriez été redevables à vie pour vous avoir sorti du pétrin. Ont-ils des besoins ou des ambitions à Genève que vous auriez pu aider à assouvir? A voir. Mais il est certain que vous n’auriez pas pu leur refuser un coup de pouce au nom de la “grande amitié” qui désormais vous liait.

En présentant votre scénario, vous avez pris le risque, vous, président du Conseil d’Etat genevois, de devenir hyper corruptible. Trois hommes au moins vous auraient tenu par votre mensonge. C’est plus grave et risqué encore que de vous tenir par un cadeau de quelques dizaines de milliers de francs. Et cela, Monsieur Maudet, c’est tout simplement inadmissible. Votre arrogance vous a égaré. Votre incapacité à écouter vos contradicteurs, votre propension à vous entourer d’une cour si sage et de faire le vide autour de vous, vous ont perdu. En bon militaire, vous êtes resté droit dans vos bottes, en l’occurrence droit dans l’erreur. Stratégie longtemps gagnante. Jusque-là, vous n’avez en effet subi que peu de revers. En mai 2016, vous avez passé entre les gouttes lorsque le Matin Dimanche a renoncé à publier l’article de son journaliste, déjà Raphaël Leroy, qui avait tous les éléments en mains pour questionner cet intriguant voyage.

Lorsque, ce printemps, soit deux ans plus tard, la “Tribune de Genève” préparait son premier article sur cette affaire, vous étiez en campagne électorale. Vous avez mis la pression maximale pour enterrer cette histoire “ridicule”, à vous en croire. C’est de bonne guerre, Monsieur Maudet, on connaît les lois du genre. Votre meilleure et unique arme à ce moment-là était pourtant la transparence. Nous vous y avons incité à plus d’une reprise. Nous vous avons aussi donné toutes les opportunités de vous mettre enfin à table, sans entourloupe. Vous avez préféré la dissimulation, la dérobade, le mensonge.  

Je vous savais machiavélique, mais je vous reconnaissais d’immenses qualités politiques. Il y a exactement un an, au cours d’une “Blitz Kampagne” pour le Conseil fédéral menée en Suisse alémanique, vous avez réussi à conquérir les médias d’outre-Sarine. Vous étiez au sommet de votre art de la communication. Certains se sont entichés de vous au point que cela faisait sourire au bout du lac. “Sacré Maudet!” disait-on. Vous en faisiez trop. Qu’importe! Votre vision - notamment vos propositions pour renouer le fil des relations Suisse-Europe - était infiniment plus intéressante et réaliste que celle du candidat tessinois. Vous auriez pu, vous auriez dû, casser le coup à Cassis, champion du “reset”. Mais vous étiez trop à gauche pour le PLR suisse, grillé par l’aile droite de votre parti et surtout par l’UDC.   


Aujourd’hui, c’est vous qui devez rêver d’un “reset”. Vous représentiez une véritable chance pour la Suisse et pour Genève. C’est fini, sans doute. Ce canton avait plus que jamais besoin de gens de votre trempe. Mieux, vous étiez l’un des meilleurs ambassadeurs de Genève à l’étranger et en Suisse. Vous offriez un puissant antidote au mépris de certains milieux alémaniques qui se pourlèchent les babines à chaque “Genferei”, quand ils ne les inventent pas. Le magazine qui publie ce texte, la “Weltwoche”, en a fourni le plus percutant exemple avec son fameux mais non moins grotesque titre en une: “Les Romands sont les Grecs de la Suisse”. C’était en 2012. Un tissu de fake news, ou de bullshit en bon français.


Aujourd’hui, Genève et toute la Suisse romande touchent le fond en terme d’image. Merci de votre contribution, Monsieur le Président! Au bout du lac, le malaise a cédé la place au désarroi. La gauche exploite joyeusement l’affaire à son avantage et réclame votre démission. C’est pavlovien. Plus inquiétantes sont les réactions dans votre parti. Ses membres se sentent profondément trahis. Pour certains, vous n’êtes plus le garant des institutions, au contraire, vous en êtes devenu le fossoyeur. En politique, rien n’est plus fragile que la confiance et la crédibilité. Vous connaissiez la solitude du pouvoir. Vous risquez d’éprouver la solitude sans le pouvoir.  

S’il vous reste un semblant de sens de l’Etat, Pierre Maudet, vous avez deux options. La première, minimaliste, est de demander à être dessaisi de toutes vos activités en attendant que l’enquête en cours et la justice déterminent faits et responsabilités dans tous leurs détails. La seconde est la démission immédiate. Le gouvernement, même si la gestion de l’Etat serait extrêmement lourde pour les six ministres restant, doit se libérer de votre ombre qui encombre désormais la République. Le besoin de clarté à l’interne comme à l’externe requiert votre mise en veilleuse. Puisque le Conseil d’Etat n’en a pas voulu ainsi, c’est à vous de prendre cette décision. Bon nombre de Genevois, y compris dans votre parti, vous en seront reconnaissants. Rien ne vous empêchera ensuite de mesurer, si vous le souhaitez, la confiance que vous accorde encore le peuple en vous portant candidat pour un nouveau mandat électif.

Mais avant toute chose, il serait souhaitable que vous répondiez à trois questions très simples que vous avez toujours évacuées jusqu’ici. Qu’êtes-vous vraiment allé faire à Abu Dhabi? Quel était l’objet précis de vos conversations avec le prince héritier et vos divers interlocuteurs? Quelles sont vos relations exactes avec le Genevois Antoine Daher ainsi que son réseau actif dans les domaines de l’immobilier et de la finance?

A ce jour, votre voyage reste largement mystérieux et donc les rumeurs, y compris les plus farfelues, continuent de grossir et d’interpeller. Elles sont néfastes pour Genève. Il est de votre responsabilité de les faire taire en établissant la vérité. Il serait préférable que, pour une fois, cette dernière sorte de votre bouche. Pas des médias.


Par Pierre Ruetschi, Journaliste, Ancien rédacteur en chef de la Tribune de Genève

Paru en allemand dans la Weltwoche, le 13.09.2028 copyright Weltwoche

Illustration tirée du site pierremaudet.ch

13:02 Publié dans Genève, Weltwoche | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Eh bien, voici qui est, comme on dit « envoyé » !

A ne plus trop savoir où on en est de cette affaire, de telles prises de position que la vôtre paraissent aider mais je me demande malgré tout si l’on peut ainsi trancher dans le vif...

Non que je sois de celles ou ceux qui voleraient au secours de Pierre Maudet pour lequel je n’ai aucune sympathie particulière mais tout simplement parce que l’homme n’a peut-être pas encore épuisé toutes ses munitions... Et que la politique réserve toujours quelque(s) surprise(s), toute morale étant, bien sûr, à laisser de côté pour l’occasion.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

Suite de la rengaine Maudet! Cela aurait changé -peut-être - changé la donne si c’etait avec le Qatar..... Vous n’avez pas fait autant de tapage avec l’affaire Pagani malgré sa condamnation? Il n’a pas démissionné! Il y a l’affaire Berset/Ramadan/Macron...... Allez-vous en parler?

Le 11septembre .. c’est du passé?

Bon après-midi

Écrit par : Patoucha | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

"Aujourd’hui, Genève et toute la Suisse romande touchent le fond en terme d’image". Pourquoi "toute la Suisse romande" ? C'est une affaire purement genevoise, Maudet a menti à ses concitoyen.ne.s et électeurs.trices. Nul besoin d'y mêler les autres cantons romands, ils en ont déjà assez avec leurs propres "affaires".

Écrit par : Impromptu | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

Il n'a plus AUCUNE crédibilité. Il est à terre. Tant mieux. Il est totalement responsable de ce fait. S'il ne veut pas être piétiner, il faut qu'il se relève. Et la seule façon de se relever, c'est de démissionner, de montrer qu'il a minimume d'amour propre et de décence, si ce n'est de dignité. Il doit démissionner pour avoir tout le loisir de préparer sa défense.

Aux trois questions que vous posez, il devra répondre devant la justice. Il doit démissionner pour avoir tout le loisir de préparer sa défense qui ne peut se concevoir sans les réponses attendues sur le fond de l'affaire.

Écrit par : Daniel | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

Rien à redire. Maudet, c'est fini. Et la République ne s'en portera que mieux.

Écrit par : Nicolas D. Chauvet | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

Il est plus que certain que si PM s'accroche autant, c'est uniquement pour retarder les enquêtes et les affaires, d'autres affaires.

Quand on est dans les mains de types comme Daher et ses alliances, c'est sans fin !

A l'époque, il y avait déjà eu un chef de la police genevoise, M. pour ne pas le nommer, qui était devenu le jouet de Sakarshi et encore avant, c'était Elisabeth avec son mari (...)

La question est : est-ce que Pierre Maudet n'est pas à la base de la découverte de son affaire, parfois il vaut mieux en sortir vivant !!

Écrit par : Corto | 13/09/2018

Répondre à ce commentaire

« Si tu es obligé de parler, dis la vérité ; car l'équivoque mène au mensonge, comme le mensonge mène à l'enfer. »

Citation de William Penn ; Les fruits de l'amour d'un père (1790)

Écrit par : Schlechten | 14/09/2018

Répondre à ce commentaire

Entièrement d'accord Mr Maudet doit s'en aller et de plus sans retraite
Il a magouillé , il a menti, il a perdu toute crédibilité
De plus son parti serait bien inspiré de l'exclure eux qui se prétendent si intègre et se veulent en donneur de leçon.
Une seule leçon pour l'électeur a se souvenir
Si le PLR ne l'exclut pas c'est que finalement il tolère cela a se souvenir lors des prochaines votations.
Mr Maudet ne s'est pas gêné pour ne pas rétablir un collaborateur de longue date en disant " la confiance est rompue"
Dans le monde de l'économie que ce parti et ce monsieur défend faute grave et inadmissible = licenciement immédiat sans indemnité
Mais pour ce monsieur il faudrait repartir sur de nouvelles bases il rigole
On vient nous demander des réformes des sacrifices au bas peuples et cet élu lui bénéficierait en plus de son salaire confortable de cadeaux de choix en plus.

De plus il ne donne pas vraiment d'indication explications sur ses relations avec certains réseaux.

Ce monsieur est vraiment en dessous de tout

Meilleures salutations

Écrit par : bruno | 14/09/2018

Répondre à ce commentaire

C'est malheureusement pour Pierre Maudet un très bon résumé de la situation. Je suis triste pour Genève, car c'est un homme brillant, intelligent et visionnaire. Il lui reste à démissionner, à expliquer et éventuellement à se représenter plus tard .

Écrit par : Burrus Christophe | 14/09/2018

Répondre à ce commentaire

Vos propos sont bien construits. Effectivement le sieur Maudet a menti, mal lui en a pris. Cependant, beaucoup ici font des amalgames alors que la justice n'a point tranché sur l'étendue de la faute et sa condamnation.
Avant de procéder au lynchage médiatique des supposés intervenants, il serait de bon ton d'attendre que la justice se prononce.
Il y une telle célérité à abattre le bonhomme, remettre en question ce qu'il a réalisé et représente ; ce battage politico-médiatique enflamme ceux qui ne recherchent pas la vérité, mais uniquement celle qu'ils conçoivent au travers des bribes d'information captées ça et là.
Désolant de voir tant d'ennemis se révéler soudain. Que l'on remette le pilori au goût du jour afin de voir le vrai visage du peuple qui condamne!

Écrit par : François-Marie Arouet | 18/09/2018

Cet article est intéressant. L'auteur est un fervent maudetiste car partisan lui-même de l'idée que notre pays devrait faire allégeance à l'Union Européenne en capitulant irrévocablement sa souveraineté et ses droits populaires (accord institutionnel avec reprise automatique et subalterne du droit européen et règlement des conflits par une juridiction étrangère). Par conséquent Maudet portait ses espoirs et c'est pourquoi il a pris au sérieux sa ridicule équipée à Berne alors que tout bon sens politique indiquait que jamais de la vie, tant que l'UDC constituera le premier groupe politique du parlement, un homme politique comme Maudet ne sera éligible au Conseil fédéral. Il ne s'agit pas là d'une opinion mais d'un constat arithmétique. Maudet y est donc allé, a épaté la galerie, fait la roue, en pure perte, à part sa propre satisfaction d'amour propre narcissique. Il a prouvé qu'il n'était pas et ne serait jamais mehrheitsfähig et la preuve en est qu'il n'a recueilli que les voix de la gauche, qui est minoritaire. Maintenant l'auteur de cet article est d'autant plus remonté contre ce pauvre Pierre Maudet que ce dernier, en ayant brisé net sa pétaradante carrière par sa propre faute et son propre comportement immature de grimpion ébloui par l'or, réduit à néant du même coup les illusions des derniers et indécrottables euroturbos, qui, tout à fait à tort, pensaient qu'un Pierre Maudet pouvait faire avancer leur marotte d'une Suisse ligotée à l'Union Européenne par un accord institutionnel.

Je trouve cet article très dur dans son jugement moral sur l'homme Maudet, et en même temps plein d'illusions candides sur la praticabilité du projet politique porté par le politicard déchu. En même temps cet article me rassure car il montre que Maudet ne pourra pas s'accrocher. Lâché même par ses plus fervents et inconditionnels supporters comme l'ancien rédenchef de La Tribune, il devra renoncer à la politique. On voit mal comment il pourrait revenir.

Ainsi un élément dangereux pour l'indépendance de la patrie est écarté. Le sort météorique du bateleur enfin démasqué s'apparente à celui d'Oscar Freysinger. Dans les deux cas le peuple avait voulu donner une chance à un énergumène, dans l'espoir d'un renouvellement du personnel politique. Dans les deux cas l'énergumène a révélé qu'il n'avait en réalité pas du tout les qualités d'un homme d'état.

Adieu l'homme politique Maudet, son sort est scellé. Bonjour l'affairiste Maudet, qui a un grand avenir à la tête d'une société de consultants qui, grâce à l'exploitation habile des réseaux politiques et économiques de son patron à Genève, en Suisse et dans les pays du Golfe, pourra contribuer utilement au développement de l'économie genevoise. Et ainsi, quand Pierre Maudet sera invité par des princes arabes avec toute sa famille il n'aura plus besoin de se cacher ni de mentir, car ce sera licite.

Peut-être aura-t-il fallu ce drame humain pénible et cette humiliation profonde pour que ce faiseur comprenne enfin que la politique n'était pas faite pour lui.

Maudet a pu faire illusion parce qu'il était le porte-parole du rattachement de la Suisse à l'UE, un projet politique antisuisse condamné, car rejeté très majoritairement par le peuple suisse, mais voulu par un certain establishment, notamment les médias mainstream comme La Tribune. C'est ainsi que les médias ont fait la promotion non stop de cette nullité et qu'il a pu faire illusion si longtemps. Mais fondamentalement ce porte-parole etait une erreur de casting. Le moment de vérité est enfin arrivé, grâce à la providence qui tendu le piège fatal dans lequel l'imposteur allait sauter à pieds joints.

N'ayant jamais eu la moindre tendresse pour sa politique, je compatis aujourd'hui à la douleur de Pierre Maudet mais comme Suisse patriote je pousse un soupir de soulagement en étant débarrassé de lui.

Écrit par : Mallet du Pan | 14/09/2018

Répondre à ce commentaire

Quand un pays a des milliards a disposition chaque année pour acheter tout et n`importe quoi dans le vaste monde (diplomatie d`affaires), aucun politicien genevois ayant une influence sur les décisions économiques du canton ne devrait s`étonner de se voir un jour sollicité, soit directement, soit par un entremetteur local. Sachant cela (Maudet aurait-il pu l`ignorer?), si l`on se laisse quand-meme piéger ne serait-ce que par des "petits" cadeaux, on fait montre d`une naiveté dangereuse. Maudet se verra-t-il offrir une nouvelle chance par les électeurs? J`espere que oui car, en principe, il est maintenant vacciné.

Écrit par : Jean Jarogh | 16/09/2018

Répondre à ce commentaire

Depuis le début de son histoire politique, le franco-suisse Maudet paraît s'être donné, ou alors avoir reçu d'autrui comme mission de défendre les intérêts de la France par le biais du Canton de Genève ainsi que de la Confédération. C'est pour cela qu'il ne cesse de parler d'Europe sans aucun respect pour la mentalité alémanique, c'est pour cela qu'il voulait fusionner Vaud et Genève, c'est pour cela, seule personne dans l'Histoire a avoir probablement jamais dit cela, qu'il parlé de 'renoncer temporairement' à son passeport français en cas d'élection au Conseil Fédéral

Écrit par : Grand | 16/09/2018

Répondre à ce commentaire

J'adore le titre de votre billet Monsieur Ruetschi, vraiment :-)

Écrit par : absolom | 16/09/2018

Répondre à ce commentaire

Voulez une liste exhaustive de tous les cadeaux reçus du conseiller communal au conseiller fédéral pour que chaque citoyen puisse se rendre compte qu'attaquer aussi méchamment Pierre Maudet est lâche?

Écrit par : Noëlle Ribordy | 18/09/2018

Répondre à ce commentaire

Une des questions qui se pose, doit-on continuer d'accueillir des personnes dangereuses à Genève, nous avons vu l'affaire des 2 russes qui auraient empoisonnés des personnes depuis leur base genevoise etc.... ?

Ne devrions-nous pas mieux défendre notre cité contre ces mafias parfois très meurtrières, car ceux qui ont piégés Maudet, eux ne semblent pas inquiétés le moins du monde !

Écrit par : Madeleine F | 18/09/2018

Répondre à ce commentaire

Il n'a plus AUCUNE crédibilité. Il est à terre. Tant mieux. Il est totalement responsable de ce fait. S'il ne veut pas être piétiner, il faut qu'il se relève. Et la seule façon de se relever, c'est de démissionner, de montrer qu'il a minimume d'amour propre et de décence, si ce n'est de dignité. Il doit démissionner pour avoir tout le loisir de préparer sa défense.

Aux trois questions que vous posez, il devra répondre devant la justice. Il doit démissionner pour avoir tout le loisir de préparer sa défense qui ne peut se concevoir sans les réponses attendues sur le fond de l'affaire.

Écrit par : Daniel | 18/09/2018

Répondre à ce commentaire

Contrairement à certains avis, je préconiserai de faire une sérieuse enquête tous azimuts dans ce dossier, car le piège est évident, est-ce que c'est parce que Pierre Maudet à cessé d'accepter des cadeaux que l'affaire est devenue publique ?

Tant qu'il acceptait des cadeaux, tout se passait à merveille et il me semble très nettement que c'est depuis qu'il a remis ses "amis" en place que tout à chavirer !!

Écrit par : Madeleine F | 20/09/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.